Maryse Verhille du mensuel Mieux Voir

3 questions à Maryse Verhille

Maryse Verhille du mensuel Mieux Voir

Maryse Verhille du mensuel Mieux Voir : Maryse Verhille, née Gistau, à Mesnil-sous-Jumièges, se réveille un matin en ayant perdu la vision centrale. Une dégénérescence maculaire qui, en général, n’affecte que les personnes âgées. Ne pouvant plus lire les caractères standarts des journaux et périodiques, Maryse Verhille a eu l’idée de créer un mensuel illustré écrit en gros caractères. Une édition qui reste très limitée en France. Après plusieurs mois de gestation, le premier numéro de la revue Mieux Voir vient de paraître à Chambéry (Savoie) où Maryse Verhille habite après trente ans passées à Rouen.

Paris-Normandie :
Comment vous est venu l’idée de créer ce mensuel ?
Maryse Verhille : «Lorsque la maladie m’a frappée, je n’ai pas trouvé de magazines distrayants, aux sujets variés et imprimés en gros caractères. Certes, il existait des romans et un journal – l’Aggrandi – destiné aux mal-voyants, mais j’ai pensé que ce n était pas suffisant. Pour mon projet, j’ai demandé l’autorisation de reproduire les articles aggrandi trois fois à des directeurs de magazines comme Marie-Claire, le Figaro Magazine, Notre Temps, Sciences et Vie… Et ils ont tous été d’accord pour que je recopie ces articles.»

P.-N. : Le premier numéro vient de sortir, comment peut-on se-le-procurer ?
M. V. : «II est vendu pour l’instant uniquement sur abonnement et je réalise seule tout l’aspect diffusion, promotion et fabrication de la revue. Des exemplaires ont été distribués aux médias écrits et audiovisuels afin d’en parler et les abonnements commencent à rentrer. Il peut être commandé à un exemplaire pour être sûr qu’il correspond à la lecture recherchée.»

P.-N. : Qui sont vos lecteurs ?
M. V. : «Notre cible de lectorat est avant tout les déficients visuels, les mal-voyants atteints de maladie comme moi. Ils sont 1,5 millions en France. Ou les personnes âgées qui, en vieillissant, ont des problèmes de vue. On en compte 6 millions en France. Je compte toucher toutes ces personnes par le biais des bibliothèques, mais aussi des maisons de retraites. Et bien souvent ce sont les enfants qui me téléphonent pour abonner leurs parents. Il m’arrive ainsi de parler de ma maladie à d’autres personnes atteintes de ce mal et je dois dire que c’est aussi un aspect social important de mon activité que ce contact avec elles.»

Paris Normandie