Produits pour malvoyant : Aides Visuelles

«Mieux Voir», la force du projet de Maryse Verhille

 Produits pour malvoyant

Produits pour malvoyant : À la tête de «Mieux Voir», Maryse Verhille. Battante, cette femme est atteinte en 1995 de la maladie DMLA, dégénérescence maculaire liée à l’âge.

Cette ancienne postière, qui ne peut plus travailler, fonde un an plus tard sa propre société à Chambéry pour venir en aides aux personnes malvoyantes en proposant des magazines ou des objets du quotidien.

Qu’est ce que «Mieux Voir» ?
En découvrant que je ne vois plus, je me rends compte que je ne peux plus accéder à la lecture des journaux, j’ai été prise de panique. Pour lire, les personnes atteintes de ce handicap visuel ont besoin d’avoir des gros caractères avec un corps d’écriture de 18, des lettres noires et très épaisses, des contrastes dans les couleurs des photos, des phrases espacées, une séparation à la fin des lignes pour un effet buttoir… J’ai donc imaginé en 1996, un magazine «Mieux Voir», puis un bimestriel consacré aux jeux et aux mots croisés. D’ailleurs, nous venons de développer la pagination de ce dernier en passant de 34 à 68 pages, les ventes ont progressé de 20 % en un an. Ce sont toujours les abonnés qui nous font avancer. Mais aussi les difficultés que je rencontre moi-même face à mon quotidien.

Comme pour le Scrabble Géant qui vient de sortir ?
Oui. Nous avons eu plus de 300 demandes. Il a fallu trouver l’industriel du Scrabble géant en français afin de le commercialiser. Ce jeu existait mais un particulier ne pouvait pas l’acheter. Pour les dominos géants, les orthoptistes ont sollicité Mieux Voir et nous cherchons ou créons le produit.
Certains arrivent avec des ordonnances d’ophtalmologistes pour telle loupe ou objet. J’en façonne aussi ! Ainsi, je ne pouvais plus lire l’heure sur ma montre. J’ai dessiné des gros chiffres sur un cadran et j’ai sollicité un fabricant. Pour remplir les chèques ou un courrier à la main, j’ai mis au point les guides qui permettent d’écrire au bon endroit. Pour l’entourage, c’est aussi important, il ne se rend pas compte que ma vision est gondolée. Mon champ de vision est réduit, je ne vois que sur les côtés et ne distingue plus les lignes droites, ni les hauteurs. Des objets du quotidien, comme le réveil ou le thermomètre qui parlent, la souris qui grossit de 20 à 70 fois facilitent la vie. J’emmène ma loupe électronique partout, pour lire mon billet de train, le menu au restaurant ou les horaires de bus, elle augmente de 6 à 25 fois le texte et me permet d’être autonome. «Mieux Voir» se démarque parce que je teste les produits par rapport à mon handicap. Nos magazines et nos produits sont distribués dans toute la France mais aussi en Suisse, en Belgique, au Québec…

Des familles, des personnes malvoyantes vous contactent.
Pourquoi ?
Je reçois de nombreux appels, les gens viennent me voir. C’est une maladie difficilement compréhensible pour la famille. Nous n’avons pas de canne blanche ! Par mon expérience, mon quotidien, je peux expliquer aux enfants les réelles difficultés que leurs parents rencontrent. Je donne aussi beaucoup de renseignements pratiques, comme les réductions sur la taxe d’habitation, les parkings, les lieux pour obtenir un papier… Tous ces tuyaux, j’aimerais en faire une new letter. Une de nos prochaines étapes ! Je passe beaucoup de temps au téléphone, pour les rassurer, certaines pleurent car elles se sentent isolées. Atteintes de la même maladie, on se comprend. Je me sens utile à quelque chose. Je voudrais être encore plus présente.

Nous jouons sur les réseaux sociaux, avec les nouveaux outils de communication pour toucher les professionnels de santé, les personnes âgées qui ont de plus en plus de mal à voir mais qui surfent beaucoup sur internet ou les malvoyants.

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